Justice, 23/05/2016

Journée d'information pour les victimes d'infractions pénales le lundi 13 juin 2016 à la Maison de l'Avocat à Valenciennes

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Pousser la porte de la Maison de l’Avocat car vous êtes une victime !

Chaque année, le Barreau de Valenciennes et l’AJAR organisent une journée dédiée aux victimes. Cette manifestation demeure atypique et permet à tous les citoyens d’exposer, sans tabous, un contentieux, une situation complexe, une souffrance psychologique voire présenter un dossier en cours de procédure etc. (Visuel Aurélie Fartek de l’AJAR, Maître Herve Delplanque et Maître Pascal Vanhelder, le bâtonnier).

La complexité de la machine judiciaire laisse, parfois, la victime sur le bord de la route. " Le Barreau de Valenciennes a toujours été soucieux du Droit des victimes. D'ailleurs, aujourd'hui, l'institutionnalisation du statut de la victime est évidente, différents types d'actions sont possibles ", souligne Pascal Vanhelder, le bâtonnier.

Pour autant, cette démarche sur le Valenciennois demeure " unique en France. Depuis 10 ans, le Barreau de Valenciennes s'est attaché aux droits des victimes. En effet, des barrières assez complexes se dressent devant elles. A titre d'exemple, j'ai vu des cas de victimes non convoquées pour une  comparution immédiate ", explique Hervé Delplanque. " De plus, la nouvelle procédure du-Plaidé coupable- accélère considérablement le temps de justice ", ajoute Pascal Vanhelder. Et la dernière nouveauté est qu'un OPJ (Officier de Police Judiciaire ) peut proposer une transaction afin d'éviter le procès et de facto désengorger les tribunaux des " petites " affaires.

Le temps de justice s'accélère ! C'est un aspect positif des réformes en cours mais de l'autre, la victime est encore un peu plus à l'écart. " On observe durant certaines audiences des victimes dépitées, elles n'ont pas pu se constituer partie civile, fixer le montant financier de leur montant préjudice etc. C'est un travail de professionnel ", déclare Maître Delplanque.

Pour muscler cette main tendue aux victimes, depuis 2009, le Barreau de Valenciennes s'est rapproché de la reconnue association AJAR (Association pour la Justice, l'Accueil et la Réinsertion ). Son service, baptisé en son temps SAVU, constitue un soutien de poids pour les victimes. " Nous avons un bureau au sein même du tribunal pour l'accueil aux victimes. Sur ce volet justice, en 2015, nous avons accueilli 1 600 personnes dans le Valenciennois que ce soit en urgence  ou pour une information juridique ", explique Aurélie Fartek, la responsable du service d'aide aux victimes. Il faut préciser que le périmètre d'intervention de l'AJAR, et de ce service associé, s'étend au Cambrésis et à l'Avesnois. Cela représente 2 200 personnes reçues dans le cadre de l'aide aux victimes, en 2015, sur ces 3 juridictions avec un nombre significatif en urgence. " Plus d'un tiers de ces sollicitations sont consécutives aux violences conjugales ", ajoute Aurélie Fartek, présente au sein de l'AJAR depuis 2009 et à ce poste depuis mars 2016. Pour conforter ce besoin d'un avis de professionnel : " en 2015, l'AJAR a dirigé 699 citoyens (sur le Valenciennois) venus les consulter vers un avocat. D'ailleurs, pour le SAVU (service d'urgence), nous avons accueilli plus de personnes en 2015 qu'en 2014 avec des créneaux horaires plus réduits faute de crédits ", précise-t-elle. Le poing sournois et la main frappeuse ne faiblissent pas sur le Valenciennois visiblement, un professionnel... en urgence n'est pas de trop !

Pourquoi venir à la " Maison de l'Avocat "  le 13 juin ?

Malgré la volonté de faire respecter ses droits, la réticence d'une victime potentielle à initier une action en justice est assez profonde, Il est possible d'avancer deux explications rationnelles, la peur d'une procédure en justice est la première, le tabou de l'honoraire est la seconde.

" Durant cette journée du 13 juin, des avocats seront présents ainsi que des juristes et une psychologue de l'AJAR. Ces consultations sont gratuites. Tout type de dossiers peut être abordé. Il faut pousser la porte car même une procédure en cours peut être rattrapé. Par exemple, en matière pénale, il existe un fonds de garanti, le CIVI (Commission d'Indemnisation des Victimes d'Infractions), auquel vous pouvez faire appel même dans une procédure déjà engagée !", explique Hervé Delplanque. De même, il existe les assurances-protection juridique- et bien sûr " l'aide juridictionnelle qui a concerné 8370 dossiers en 2015 ", précise le bâtonnier.

Trop souvent, la violence conjugale est extrêmement difficile à afficher, à extérioriser ! Le 13 juin prochain, c'est peut être le jour de franchir le pas, pour une femme ou un homme, afin de ne pas être victime d'un silence mortifère… !

Nouvelles victimes

L'actualité nationale récente, via cette affaire présumée de harcèlement sexuel, a présenté avec force une thématique enracinée dans notre société. Certes, il faut souligner le courage de ces élues qui ont, heureusement, bénéficié d'une détonation médiatique à la mesure de l'enjeu. Néanmoins, il existe dans les collectivités locales, territoriales voire les entreprises, ici et ailleurs le même type de comportement. Dix fois, l'intéressé fait le tour du bureau, déshabille du regard du talon à la mèche de cheveux sa proie du jour, s'arrête et repart tel un chasseur…voilà la réalité sans même parler des " blagounettes " aussi lourdes qu'un pavé de Paris Roubaix. " Cette médiatisation va peut-être révéler des comportements de harcèlement sexuel !", commente Maître Delplanque.

Pour l'instant les auteurs se sentent forts car l'emploi est souvent en balance, l'avenir professionnel en question car en région ce sera très peu médiatisé, l'omerta locale est plus forte encore. Tout est dit sur le sujet par le député- Les Républicains- Pierre Lellouche-, " une affaire de bonnes femmes !", le chemin est encore long mais une brèche est ouverte, qu'on se le dise, les victimes commencent à parler… même en province !

Autre émergence de profil de victimes " nous avons pris en charge des familles et des proches des personnes décédées dans les attentats en novembre à Paris, du Bardo à Tunis et de Ouagadougou ", conclut Aurélie Fartek.

Cette journée du 13 juin se déroule au sein de la " Maison de l'Avocat ", rue Capron à Valenciennes, avec des horaires d'ouverture de 9h à 12h et de 13h30 à 17h- Localisation de la Maison de l'Avocat



Daniel Carlier






 

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