Portrait, 07/03/2016

  • Facebook
  • Twitter
  • Google+

Journée de la femme avec Louise et Madeleine, deux destins, un même courage !

Pour cette célébration du 8 mars, journée de la femme, voici deux destins de femmes incroyables, ébouriffantes, engagées, tout ce qui rend hier et aujourd’hui la condition de la femme, chahutée parfois, peu considérée souvent dans certaines professions, méprisée chez certains intégristes… Pourtant, cet équilibre entre les deux sexes dans notre société est absolument fondamental pour notre démocratie…humaine.

Des Amandinoises indomptables

Louise Nicolle, Madeleine Davaine, deux femmes, deux époques ; une même foi à soulever des montagnes. Ces 2 femmes au destin d'exception sont originaires de Saint-Amand-les-Eaux, focus sur ces personnes hors du commun (Visuel Madeleine en 1943).

Née dans une riche famille chrétienne de Saint-Amand-les-Eaux, Louise Nicolle (1847-1889) aurait souhaité entrer dans les ordres. Empêchée par une santé défaillante, elle décida contre l’avis de sa famille - qui lui prédisait alors qu’elle se salirait les mains (sic), d’apporter des réponses concrètes aux problèmes de son époque, tels que l’absence de soin et d’assistance sociale, le travail des enfants, etc.

Elle s’attacha entre autres à donner aux « filles de fabriques », ces ouvrières qui auparavant traînaient les cafés et pratiquaient la contrebande, une éducation notamment ménagère, les préparant ainsi à devenir des épouses et des mères de famille respectables. Portée par une foi sans faille, qui lui faisait dire « Si nous ne prions pas avant d’agir, notre action risque de demeurer stérile. Le faire ne suffit pas ! Il faut y mettre l’être », elle travailla sans relâche au sein du patronage qu’elle avait fondé et qu’elle animait avec ferveur. 

Louise Nicolle, peut-être béatifiée un jour ?

Louise Nicolle (en photo) consacra également sa dot à la construction d’une chapelle qui porte aujourd’hui son nom, et qui ouvre ses portes le premier mercredi de chaque mois - pour une messe - et lors des Journées du Patrimoine. Décédée de la tuberculose en 1889, à l’âge de 42 ans, Louise Nicolle repose dans cette même chapelle. Proposée à la béatification dans les années 1930, par les Dominicains, elle a été déclarée « servante de Dieu » par Rome, dernière étape avant la béatification. 

Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui souhaiteraient qu’avance enfin le procès en béatification. A commencer par le Père Bernard Peyrous, recteur de Paray-le-Monial et auteur de la préface du livre de Françoise Lemaire : « Redécouvrir des cœurs aimants, éclairants, c’est un besoin et un devoir pour nous, si nous voulons que ce monde bouge dans le bon sens », estime l’homme d’Eglise, qui déplore surtout que Louise Nicolle ait été si peu comprise de son vivant, et si peu aidée. 

« Tante Madeleine », héroïne malgré elle

Autre héroïne de son temps, bien qu’elle s’en soit toujours défendue : Madeleine Davaine (1905-1988). Dimanche 2 septembre, en marge des cérémonies commémoratives du 68e anniversaire de la Libération de Saint-Amand-les-Eaux, « Tante Madeleine », comme on l’appelait, recevra à titre posthume, des mains d’une représentante de l’ambassade d’Israël, la médaille de « Juste parmi les nations ». 

Cette médaille est la plus haute distinction décernée par l’Etat hébreu à des personnes non juives ayant, au péril de leur vie, pendant la Seconde Guerre mondiale, sauvé des familles juives de la barbarie nazie. Elle a été demandée pour Madeleine Davaine par les deux petites filles juives, Jacqueline et sa sœur Hélène, sauvées des camps de la mort par « Tante Madeleine », qui entre 1942 et 1944, les hébergea et les éleva comme ses propres nièces. 

Deux petites filles devenues des femmes, qui résident aujourd’hui aux Etats-Unis mais qui n’ont jamais oublié leur bienfaitrice amandinoise. Car la vie de Madeleine Davaine est, elle aussi, un exemple de courage et d’abnégation. Née avec une malformation de la hanche, elle a surmonté son handicap et entrepris ce que certaines personnes valides n’auraient jamais pu accomplir. 

Au décès de son frère puis de son père, elle dirigea ainsi la chaînerie familiale qu’elle fit tourner au ralenti pendant la guerre, au moment où l’usine fut réquisitionnée par les Allemands ; et elle employa des jeunes gens qu’elle sauva ainsi du STO. Pendant près de 40 ans, Madeleine Davaine recueillit des centaines de personnes : enfants de pasteurs partis en mission d’évangélisation (elle était de confession protestante – NDLR), Juifs, Résistants, réfugiés politiques, étudiants étrangers ainsi que de jeunes Vietnamiens et Cambodgiens malades, venus en France pour y être soignés… 

Daniel Carlier

 

vainfos

Print Friendly and PDF


Favoris

Simple, rapide et efficace cliquez pour
ajouter va-infos.fr à vos favoris.

favoris

Recommander

Vous appréciez le média en ligne www.va-infos.fr
n'hésitez pas à communiquer son adresse internet !

Recommander

Lettre d'information

Inscrivez-vous à la lettre d'information de va-infos.fr en indiquant votre adresse de courriel.