Emploi, Entreprises, Vie sociale, 09/05/2016

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Jeune éloigné de tout en ” Route vers l’emploi ” !

On ne sait plus comment aborder la thématique d’une jeunesse sur le bord de la route. ! Pour autant, baisser les bras serait irresponsable et c’est pourquoi les acteurs du terrain, les Centres sociaux du Valenciennois,  ont répondu à un appel à projets de l’Europe dans le cadre d’un retour vers l’emploi des jeunes de 16 à 25 ans ((visuel visite chez Norauto).

Il ne faut pas se cacher derrière la liberté individuelle, l'aptitude ou pas, stigmatiser le comportement d'un jeune de 16 à 25 ans etc. car sa situation n'est que le reflet permanent de notre échec collectif ! Les multiples organismes dans le domaine social ciblent, identifient un public en difficultés mais connaissent-ils la trajectoire de cette jeunesse ? C'est là que l'action de proximité prend toute sa dimension. En effet, les 14 centres sociaux du Valenciennois disposent de 13 AILE (Animateurs d'Insertion et de Lutte contre les Exclusions) au contact des jeunes de 16 à 25 ans, des familles concernées, et c'est ainsi que des jeunes éloignés de tout sont repérés.

Cet appel à projets européen concerne des jeunes qui ne suivent pas d'études, ne sont pas en formation, ni en phase active de recherche d'emploi. " Comment accompagnés les jeunes les plus en difficultés ? Nous avons candidaté en septembre 2015 et avons été retenu pour initier ces IEJ (Initiative Emploi Jeunesse). A ce titre, nous avons recruté une coordinatrice et 3 conseillères d'orientation professionnelle ", explique Benjamin Lemoine, Directeur de l’ACSRV (Association des Centres Sociaux et socioculturels de la Région de Valenciennes).

Rapprocher le jeune de l'entreprise

Ce dispositif opérationnel, depuis janvier 2015, constitue une innovation voire une révolution pour les Centres Sociaux. " En effet, c'est la première fois que nous allons aborder le monde de l'entreprise d'où l'embauche de professionnels. C'est une démarche nouvelle pour nous, aller vers les DRH, des responsables d'entreprises (privées à cette heure) en lien avec notre accompagnement social habituel ", ajoute Benjamin Lemoine.

L'objectif de ces IEJ, au nombre de 20 sur l'arrondissement, est de remettre sur le chemin de l'emploi un jeune à l'écart de tout " durant une période très courte. C'est un engagement de 4 mois, avec une rencontre par semaine, entre un jeune et l'ACSRV. Il peut se prolonger une fois durant 2 mois ", explique Anne Lescrohart, coordinatrice du projet IEJ. Voilà le temps imparti pour valider un parcours vers l'emploi, c'est court mais cette contraction dans le temps, avec la carte de la proximité, s'avère efficace à la vue des premiers résultats.

Plus que le retour à l'emploi, c'est le retour à une vision positive d'eux mêmes  " Certains ont perdu complètement confiance en tout ", indique la coordinatrice. Néanmoins, la proximité avec les jeunes grâce au travail des AILE, voire référent famille, constitue un atout indéniable car ils connaissent le parcours personnel et l'environnement familial du jeune. C'est cet atout proximité " qui nous a permis de décrocher ce projet sur 2 ans ", souligne Benjamin Lemoine et subventionné par le FSE (Fonds Social Européen) à hauteur de 780 000 €. " Il faut informer les jeunes sur l'engagement de l'Europe ", ajoute avec perspicacité Cécile Rogez, l'ancienne présidente de l'ACSRV.

" Les approches des jeunes sont positives face au monde de l'entreprise, ils posent des questions sur l'activité etc. Nous signons des conventions avec des entreprises et effectuons deux visites par mois comme chez Norauto, Transvilles, Décathlon, Pôle automobile… Je vois certains jeunes qui s'accrochent pour y arriver  ", commente Isabelle Delplace, une conseillère d'orientation professionnelle recrutée dans cette optique.

En chiffre, 252 jeunes seront accueillis durant les 2 prochaines années avec une obligation de parité pas toujours évidente. A ce jour, déjà 71 jeunes se sont engagés dans cette démarche et 52 sont en cours de projet " nous avons des résultats intéressants en terme de sortie positive, 6 CDD de moins de 6 mois, 1 emploi d'avenir, 1 contrat Pro de 9 mois, 6 entrées en ateliers sectoriels, 2 entrées en EPIDE, 1 rentre dans une formation AFPA, 1 positionnement dans le secteur automobile et 8 immersions en entreprises ", souligne Anne Lescrohart.

Le principe de la levée des freins d'accès à l'emploi se traduit de différentes façons d'où des ateliers très divers !

En route pour l'employabilité…

Pour arriver à co-construire un parcours vers l'emploi, il est nécessaire de modifier des comportements, des attitudes, un regard sur soi, des obstacles matériels… Dans ce cadre, différents ateliers sont mis en oeuvre.

" La valorisation de son image est extrêmement importante ", souligne Anne Lescrohart. En effet, la confiance en soi passe par un comportement face à un interlocuteur " et certains manquent de moyens matériels pour s'habiller ", ajoute Isabelle Delplace. Ce travail de relooking de l'intérieur et en extérieur constitue une première étape.

Ensuite, la gestion du stress et du bien être représente un mur à franchir car " certains abandonnent dès qu'un projet se concrétise, ils ne se sentent pas prêts ", explique isabelle Delplace. Dans ce cadre, un sophrologue se déplace pour muscler cet atelier.

Le coaching Pro est également prévu au menu avec un psychologue du travail.  Plus sociétal, la mixité de l'emploi car les jeunes ont des schémas établis " les filles vers les métiers du service à la personne et les garçons se voient dans le BTP…. Nous expliquons que tous les métiers sont ouverts, l'armée pour les femmes par exemple et les garçons ont toute leur place dans des missions fléchées ( à tort) plus féminines ", précise la coordinatrice du projet IEJ. La mobilité se traduit par la prise en charge de déplacement " chaque jeune bénéficie de 80 € par mois pour ces trajets et de 300 euros (forfait pour la durée). Une aide pour le code de la route est possible voire une prise en charge ultérieure du permis de conduire par le Conseil départemental ", indique Benjamin Lemoine.

Enfin, dernier atelier et pas le moins important, le comportement des jeunes face au numérique. En résumé, ne pas faire n'importe quoi sur les réseaux sociaux . " Il est important d'avoir une identité numérique et un comportement sur internet responsable ", précise la coordinatrice. Tout cela prend en compte l'accès à internet à travers les cyber-bases et autres points de consultations gratuits, PIJ etc.

Juste quelques mots...

Le contact avec le monde de l'entreprise peut se révéler fructueux. " Lorsqu'un jeune entend qu'un DRH,, ou responsable, recherche plus des talents que des diplômes !" , explique Anne Lescrohart, c'est du carburant pour la motivation vers le retour vers l'emploi.

Voilà un zoom rapide sur une action de terrain où la proximité des centres sociaux, avec les jeunes de 16 à 25 ans, est l'atout numéro un. " Cette perspective de concilier l'accompagnement social avec l'insertion professionnelle dans le monde de l'entreprise est motivante pour nos équipes ", conclut Benjamin Lemoine.

Surtout que dans cette tranche d'âge 16-25 ans, le jeune de 16 ans, sorti du cycle scolaire, est dans le vide sidéral, la mission locale etc. ne s'active qu'à la majorité. " Il n'y a rien durant ces 2 ans, c'est la période de tous les dangers ", commente un directeur de centre social. 16-18 ans, tout peut se passer durant cette tranche de vie charnière et l'IEJ répond à cette problématique. " D'ailleurs, nous accueillons 1/3 de mineurs depuis janvier…", conclut Anne Lescrohart,

" Oh, putain deux ans "… pour les initiés !

Daniel Carlier





 

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