Culture, Manifestation, 14/06/2016

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Immersion au festival les Douchynoiseries

Forcément la pluie a joué des tours au festival des arts de la rue de Douchy.  Initialement prévues au parc Maingoval, les Douchynoiseries ont été abritées à L’Imaginaire, centre des Arts et de la Culture.

Dimanche après-midi, plusieurs centaines de spectateurs ont assisté à cette 11ème édition remplie de spectacles de rue, de cirque, de musique, de théâtre mais aussi de rencontres entre public et artistes et surtout d'émotions. Bienvenue en Terre Humaine.

Les Douchynoiseries 11e édition sous une pluie  d'applaudissements

Qui de Zeus ou d'Apollon, posés là sur un nuage, allait remporter la bataille ? Pluie et Tonnerre ou Arts ? Sous le ciel Douchynois, c'était sans compter sur Eluard, qui abrita en son Imaginaire, les Douchynoiseries. Tous à l'abri, dans les bras du poète, car l'Imaginaire Messieurs, Dames, est situé place Paul Eluard. Quel joli présage.

Issue de secours : du parc Maingoval à L'imaginaire, centre des arts et de la culture

Samedi soir, le ciel s'assombrit et les inquiétudes gagnent les rangs de l'équipe artistique du festival. Un plan B dans les valises, troupes et matériel rapatriés illico presto, pancartes directionnelles posées, François Derquenne, le directeur de l'Imaginaire, vêtu d'une parka à capuche, confie « avec un parapluie ça va mieux à Douchy aujourd’hui. Nous avons réparti  les troupes dans les différents espaces de L'imaginaire. 80 % du festival est assuré. Le festival garde toutes ses couleurs, humour, numéro visuel, les compagnies ont bien joué le jeu. Elles ont été capables de se retourner». Chapeau aux équipes techniques et aux bénévoles. Jocelyne Losfeld, adjointe à la culture, nous parle de l'importance de ce festival gratuit et de la culture « dans le contexte actuel  il est important de donner la parole aux artistes et de faire rire les gens ».

Les coups de cœur de la rédac.

Ça commence avec des rires à foison, Le Café des illusions, de la Compagnie Aristobulle, nous réchauffe de suite. Georges et Lucienne ont l'art de trinquer sans modération. Au comptoir, fous rires, dérision, poésie à la sauce burlesque. Georges en « Houdini de la poésie, en Baudelaire de la magie », cause de réparation d'horloges, de financement de partis politiques, « allez Lucienne, tout ça c'est pour du rire », conclut-il.

Puis un cours de coaching politique, Objectif l'Urne de la Cie La Roulotte Ruche, amuse beaucoup les spectateurs, il faut dire que c'est d'actualité. François Derquenne expliquait quelques minutes avant le spectacle : « nos politiques ont pas mal de difficultés en ce moment, peut-être même vous aussi à vous retrouver dans la politique, alors la Roulotte Ruche va vous offrir un coaching politique pas comme les autres ». Un consultant en popularité et son assistante nous livrent un stage de réinsertion. « 45 minutes de bons tuyaux et comment rester populaire quand on s'apprête à prendre des mesures impopulaires », alors on passe en revue les « faudrait surtout pas que le commun des mortels soit au courant de nos petites combines, 1000 bonjours et tu passes au 1er tour, et bien sûr la conduite à tenir dans le cas où le candidat croise le candidat adverse », avec l'averse de cadavres dans le placard : abus de confiance, subordination de témoins, prise illégale d’intérêt...

Quelques minutes d’accalmie et voilà le Capharnaüm Forain de la Cie Dare D'Art animer la place. Un couple de forain transporte avec lui un étrange cercueil qui contient tous nos rêves enterrés, oubliés, non-réalisés. Leur objectif ? «Réveiller les rêves. Vous voulez tutoyer le ciel ? Alors il faut y aller.  Le monde regorge d'enchantement pour qui sait les saisir». Oh que oui !  Musique, acrobaties, voltiges  et même une citation de Victor Hugo comme ça là, placée entre pirouette et trompette,  « comme on fait son rêve, on fait sa vie ».

Une jolie surprise avec le clou du spectacle pour terminer en beauté : les Fillharmonic Von Strass de la Cie Bougrelas qui ont mis le feu  et éteint les lumières de la salle. Trois musiciennes, chanteuses, râleuses,  accompagnées d'un régisseur et d'un chef d'orchestre ont décidé de démocratiser la musique classique. Habillées d'horrible robe bleue, de  frou-frou sur le micro et de grosses bottes blanches, elles « amènent la musique classique là où il n'y en a pas ». Mozart, Bizet, Ravel, Gounod, Chopin etc. En amoureuse inconditionnelle de musique classique, on avoue, on a eu très peur. Agrippine, elle joue du piano. Elle est drôle. Elle est comment dire, un zeste rebelle, un autre contestataire, elle est délicieuse. Elle colle son chewing-gum sur un coin du piano,  crache et  crie un « allez les vieux là, on y va ! ». Ambiance. Plus d'une heure et quart de concert symphonique complétement décalé et un public plus que conquis. Il est 20H00, Douchy va s'endormir après un dimanche de culture qui a fait rêver dans cette époque faite d'incertitudes et de menaces.  Face aux peurs, aux diverses formes de repli, les Douchynoiseries furent une invitation à la découverte de l'inconnu et du merveilleux.

Pour reprendre les propos d'un comédien de la Cie Dare d'Art «  mais vous croyez vraiment que l'on peut décrocher la lune comme ça ? », nous, on a très envie de lui répondre « et bah oui mon p'tit monsieur, bah oui ! La culture est un antidote. »

Céline Druart

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